La Trilogie des Gobelins

A TRILOGIE DES GOBELINS

Les Gobelins Farineux

Les Gobelins Sableux

Les Gobelins Goudronneux

 

 

Les Gobelins Farineux

 Il était une fois un arbre magique dans lequel vivaient de minuscules petits lutins qu’on appelait les gobelins farineux. Depuis déjà deux millénaires, ils s’épanouissaient et prospéraient, heureux, libres et paisibles dans leur petit royaume de Croulebarbe. Les gobelins étaient des petits êtres constitués simplement d’eau et de farine. De ce fait, ils se nourrissaient essentiellement d’eau pure et de minéraux. Pour subvenir à leur besoin, ils partaient toujours tous en rang (les gobelins étaient très disciplinés), deux par deux en file indienne, avec des sceaux à la main, afin de récolter assez de liquide pour les prochaines semaines à venir. Ils réitéraient cette quête vers la rivière dite  Bièvre tous les premier du mois de Juillère (mois de juillet dans le langage des gobelins). Le chef des gobelins farineux était un vieux patriarche du nom de Grundor, il était très gentil et très indulgent envers son peuple. Malgré tout, il pouvait parfois être très exigeant si ses sujets manquaient à leurs devoirs. Grundor avait un fils, qui avait lui-même une fille du nom d’Elfira. Le fils de Grundor cherchait à marier son Elfira qui, trop timide et trop craintive, essuyait chagrins d’amour sur chagrins d’amour, et n’arrivait pas à trouver chaussure à son pied. Elfira était une gobelin (ainsi nommait-on les femelles gobelins) très belle et très gentille, à l’image de sa feue mère. Elle avait une couleur blanche transparente et un teint lumineux que toutes les autres Gobelins lui enviaient. Ses yeux était en forme de paillettes, ses cheveux bleues turquoises et ses oreilles étaient très longues et très pointues (signe extérieur de beauté chez les Gobelins farineux). Le seul problème était qu’Elfira était très sensible et de santé trop fragile

Un beau jour, sa constitution commençait à faiblir et son corps à se ramollir, l’eau qu’elle buvait en quantité ne suffisait plus à la renforcer. Cependant, le sort s’acharna, d’autres gobelins et gobelins commençaient à se sentir pâteux et faibles. De ce fait, le roi Grundor convoqua les troupes d’urgence, les missions de la récolte de liquide furent doublées car l’eau manquait, et les gobelins étaient de faible consistance. Ainsi, les premières troupes partirent en quête de liquide vers la Bièvre, mais rien n’y faisait. L’eau était consommée en abondance et les gobelins étaient tous plus faibles les uns que les autres. Les missions furent alors triplées, quadruplées… mais toujours rien n’y faisait. C’était devenu la guerre pour une goutte d’eau.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Rend-moi mon sceau d’eau !

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Non, c’est le mien !!

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Pousse- toi !

Voici à peu près quelles étaient les conversations des Gobelins durant cette période.

L’eau fut dès lors rationnée afin qu’elle soit répartie entre eux en parts égales. L’épidémie gagna malheureusement du terrain, certains Gobelins moururent…d’abord les plus vieux, puis les plus jeunes. Le peuple était en alerte. Grundor fit alors une réunion de tous les Gobelins et confia au sorcier du village un échantillon de liquide à analyser.

Lors d’une  autre réunion au sommet présidée par Grundor (il y en eut beaucoup car aucune solution n’était viable), Elfira  avait insisté pour être présente. Elle fut donc escortée par des gardes royaux jusqu’aux locaux où se tenait le conseil. Durant le trajet, le peuple était descendu dans la rue pour la saluer. Derrière un arbre, un petit gobelin la regardait avec grand respect mais aussi avec délectation. Il admirait son port de tête, ses magnifiques cheveux longs, sa grande beauté inégalable. Soudain, il reçut une pierre sur la tête et vit deux gobelins garnements s’enfuir en criant :

- T’es si petit qu’elle te voit pas ! T’es si petit qu’elle te voit pas !

Le petit gobelin se sentit rougir de honte et rougir de colère. Il s’en alla la tête baissée.

 

Deux semaines passèrent, encore bien d’autres gobelins périrent, ramollis…car sans eau la farine dont il était constitué n’était pas solide, et sans solidité, les gobelins mouraient aplatis, tous mous… Elfira était aux portes de la mort, agonisante. Son état peinait fortement sa famille ainsi que le peuple, qui voyait en elle une future reine. Par un beau matin d’été, le sorcier tira ses conclusions, l’eau de la Bièvre était polluée, ce qui détruisait peu à peu le peuple gobelin. Ce fût alors la panique générale : 

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Nous allons tous mourir … dit un gobelin

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->C’est la faute des humains, ils détruisent la planète ! cria une gobeline

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->C’est l’apocalypse ! dit un autre

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Dieu nous punit !

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Qu’allons nous faire ?!

 

  Grundor, qui était un chef optimiste, lança des troupes à travers le pays pour trouver de l’eau potable, mais hélas ses hommes, amoindris, ne pouvaient pas aller bien loin, et même les plus vaillants ne trouvaient point d’eau non-polluée. Tout contribuait à cette pollution : gaz toxiques, détritus en tous genres, épidémies… Alors, devant l’abattement général et cette démotivation, Grundor eu une idée. Il déclara haut et fort : « celui qui, parmi vous tous, arrivera à faire en sorte que l’eau ne soit plus polluée épousera Elfira et deviendra Roi de Croulebarbe. »

Etonné, le peuple se dispersa.

Tous les jeunes gobelins (secrètement amoureux de la belle Elfira) partirent en quête d’une solution, mais rien à faire, le temps passait, beaucoup de gobelins disparurent, périrent…et Elfira était désormais entre la vie et la mort.

Quand un beau jour, un gobelin vint voir Grundor :

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Grand chef tout puissant, j’ai votre solution.

Grundor le regarda avec un large sourire.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Ah, mon brave ! Rentre donc chez toi et soutiens ta famille, elle en aura besoin…

Le gobelin qui s’adressait au roi était très petit, tout ramolli, et n’avait pas l’air très vaillant. Il s’appelait Pilbus Creitu Froplon de Lacre mais tout le monde le surnommait « Pilbus Cactus » car son nez était si pointu qu’on aurait pu s’y piquer…

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Grand Grundor, quand je reviendrai  tout le peuple sera sauvé et j’épouserai Elfira.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Bien, Pilbus, bien…marmonna Grundor (sans se préoccuper de lui).

Pilbus partit. Bien résolu à sauver son peuple. Il rentra chez lui, prépara son baluchon et salua sa famille. Personne ne le prit au sérieux.

 

Son frère lui dit :

- A tout’ « Pilbus Cactus »

Sa sœur lui conseilla :

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->N’oublie pas ton biberon, tu risquerais de t’aplatir !

Son autre sœur :

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Que la force soit avec toi …jedi Pilbus (les gobelins étaient des fans de La Guerre des gobelins)

Sa mère laissa tout de même échapper une larme, et son père cria, tout en ricanant :

- Si Pilbus devient roi, qu’une queue de ragondin nain me pousse dans la seconde !

 

Pilbus quitta ainsi l’arbre magique de Croulebarbe. Il traversa des routes, des flaques d’eau, des flaques d’huile, évita des excréments canins, des détritus (tout prend une réelle ampleur quand on la taille d’un gobelin et qu’en plus on est petit !).

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Sauve-qui-peut ! Une araignée géante !

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]--> Je n’ai pas peur… je suis le plus fort… se répétait Pilbus.

 

Pilbus vit enfin la nuit tomber. Il était seul, il avait froid, il avait peur. A vrai dire il n’avait aucune idée en tête mais comme jamais personne n’avait cru en lui, il voulait leur prouver à tous qu’ils avaient tort et qu’ils s’étaient mépris. Pilbus avait toujours été le plus petit, le dernier de la famille, le gentil et brave Pilbus que personne ne voyait. Pourtant, lui le savait, il épouserait Elfira et deviendrait roi de Croulebarbe !

Dès le lendemain matin, Pilbus repris son chemin. Il avait déjà dépassé le niveau de la Bièvre quand il se retrouva au bord de la grande route. Impossible de traverser, ni d’aller plus loin, aucun gobelin n’avait jamais franchi cette ligne dite « la ligne de la mort ». Pilbus s’avança, une voiture passa et lui envoya un souffle qui le précipita contre la vitrine d’un magasin. Il fut tout écrasé, mais il se remit vite. Soudain, il eut une idée. Il allait prendre le métro ! Si personne ne l’avait jamais fait non plus, lui, il le ferait : le premier Gobelin farineux à prendre le métro ! Arrivé péniblement au bord des quais, il choisit de passer la nuit dans la station, bien caché.

 Il croisa un cafard sur sa route :

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Oh, oh ! Un gobelin dans le tromé !!

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Oui je suis bien un gobelin, ça t’étonne !

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Que fais-tu là, l’ami ?

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Je vais prendre le métro demain dès l’aube…

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Ah oui ? Et comment vas-tu t’y prendre ? Le temps que tu sautes la porte se sera déjà refermée sur toi pauvre idiot !

Le cafard reprit sa route car il entendit des pas. Pilbus s’empressa d’aller se tapir dans un recoin. [...]

 

Les Gobelins Sableux

             Il était une fois un peuple de gobelins rares et très paisibles…Un peuple très évolué : les gobelins sableux (et non « sablonneux »). Essentiellement constitués de liquide et de milliers de grains de sable, ils se nourrissaient uniquement d’eau salée, à l’origine. Les sableux étaient aujourd’hui, grâce à leurs ancêtres qui avaient trouvé de l’aide auprès de la Sorcière de rue Bouffetard, aptes à ingurgiter pour leur résistance, de l’alcool sous différentes formes. Ainsi, il existait trois colonies distinctes.  On trouvait les sableux de Trouville, les Normands, qui vivaient sous les planches et se composaient d’eau salée et de cidre ; les sableux de Paris, qui eux, fonctionnaient uniquement grâce à leur culture de vigne de « vinasse » en tout genre, on les retrouvait la majeure partie du temps dans les égouts parisiens, et souvent l’été sur les quais de la Seine, à Paris-plage…Enfin, les sableux de Frontignan-plage  qui vivaient sous des rochers et qui, en plus de l’eau salée, affectionnaient particulièrement le Muscat (vin blanc sucré), récupéré par la culture de vignes microscopiques. Ils étaient tous cousins et très pacifistes.

Abrités sous leur rocher proche de la mer et entourés d’une plage très belle et peu touristique, les sableux de Frontignan-plage prospéraient ainsi depuis de nombreuses années sans jamais avoir été confrontés à de réels problèmes d’ordre général. Depuis le milieu des années 80, le roi de la « Roche Submarine » (ainsi s’appelait leur royaume), du nom de Posekilom, était à la tête d’une monarchie paradoxalement démocratique (Posekilom avait été élu à l’unanimité des sableux). Tous les gobelins le respectaient car il était très sérieux et aux petits soins avec tous les gobelins sableux. Sa fille adorée, du moins, la fille de sa fille, soit petite fille (Posekilom n’avait jamais eu de fils donc pas de véritable descendance), Lune, de son vrai nom Lune Huama  Ela Gobensis Belle de Sableusia, était la plus belle et la plus courageuse de toutes les gobelines du royaume. Son seul problème : elle était un peu gobelin-manquée. Elle jouait au Gobfoot (elle avait même été élu ballonGob d’Or en 2004), elle ne portait jamais de robe (ou très peu) et était secrètement amoureuse d’un petit gobelin qui s’appelait Harpon, un sableux très mignon mais très froussard, qui avait peur de l’eau (étrange pour un gobelin sableux). Le Commerce de raisins microscopiques à l’origine de la fabrication du Muscat gobelin de Frontignan était en pleine expansion, tous les gobelins  étaient très travailleurs et ils ne connaissaient pas le chômage (contrairement au sableux parisiens). Tout allait donc très bien, au mieux dans le meilleur des mondes …quand un jour, Posekilom tomba gravement malade…

            Les sableux ne savaient plus que faire pour guérir leur roi… Peu à peu d’autres gobelins sableux furent pris de la même maladie. Les symptômes de cette maladie, qui était d’origine faussement virale, se manifestaient par un gonflement des gobelins, ils devenaient très gros et tout ronds, leur teint habituellement très jaunâtre virait au blanc … Les premiers gobelins à être infectés étaient les plus vieux, mais au fur et à mesure, le faux virus touchait les plus jeunes, les femmes et même un enfant sableux en mourut. Il n’y avait également plus aucune naissance depuis déjà quelque temps, toutes les Gobelins qui pondaient des œufs (la reproduction des Gobelins était entre celle des oiseaux et des mammifères, soit très particulière) n’arrivaient plus à couver leur miniGob… Plus de naissance, plus de vie, plus de Sableux…Ce fut alors la panique générale. Le Professeur Sableux avait nommé ce virus « la maladie de RosswellGobelins »… Il passa des journées entières, des nuits complètes à trouver un antidote et à essayer d’en déterminer la cause. Un beau jour, un article paru dans le Gobelin’s Times : « la maladie de RosswellGobelins »  serait due à une suralimentation en sucre contenu dans le Muscat, la compensation en sel de mer n’étant plus équivalente, la dégénérescence des gobelins et, à terme, leur extinction était envisageable, voire inévitable. En fait, les gobelins étaient en train de devenir sucreux …mais sans y parvenir réellement, donc ils allaient tous périr… Le Professeur sableux, qui ne voulait pas paniquer tout le peuple, avait tenté de garder ses conclusions secrètes, mais il comprit qu’une fuite avait été faite par son apprenti gobelin, Crapulus, qu’il licencia sur le sable !

Pour se défendre, ce dernier dit :

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->De toute façon nous allons tous périr ! Alors que je me transforme en coquillage poilu si nous n’y laissons pas tous la vie !

Le Professeur Sableux le fit sortir à coup de patte aux fesses…

Ce qu’avait oublié de dire Crapulus, et qui n’avait donc pas été mentionné dans le journal, c’est que le Professeur sableux avait peut-être trouvé un espoir : « la Fleur de Sel » évoquée dans un ancien grimoire du Grand Gobelin Sorcier…mais rien n’était sûr, rien n’était fait, il en toucha un mot à la famille royale.

 

            Par une belle matinée d’été, Lune rassembla  tout le peuple gobelin, elle en avait le droit, étant une descendante directe de Posekilom.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Ecoutez-moi tous …Voilà, étant la petit fille de Posekilom, je me dois d’assurer la survie de mon peuple…ma mère étant de santé fragile…J’ai décidé de partir en quête de la Fleur de Sel qui pourrait être un antidote possible à « la maladie de RosswellGobelins » selon les dires du Professeur Sableux.

Les Sableux, tous réunis, se mirent à faire un brouhaha étonnant. Lune reprit :

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Rassurez-vous je ne partirai pas seule…un gobelin m’accompagnera. J’ai fait un choix.

Un silence de plomb rendit l’atmosphère irrespirable durant quelques secondes.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->C’est Harpon qui se joindra à moi.

Le peuple se mit à rire. Harpon, mais il a peur de l’eau !

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Non ! Ne riez pas. Tout ceci est très sérieux ! Harpon viendra avec moi, c’est ma décision ! Nous ramènerons la Fleur de Sel  au plus vite à la Roche Submarine. Sur ce, merci à tous…et je l’espère …A bientôt. Gob save the Sableux !

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Gob save the Sableux ! dirent tous les Sableux en chœur.

Ils se mirent tout de même à applaudir le courage de Lune. Parmi eux, un Gobelin se sentit tout penaud…il avait peur…il ne comprenait pas ce qu’il se passait…c’était bien sûr Harpon.

 

             Dès le lendemain, Harpon gravit les marches rocheuses pour entrer dans le château. Lune, elle-même, vint l’accueillir. Harpon avait un grand sac à dos presque aussi grand que lui.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Bonjour Harpon, fit Lune (les joues un peu roses)

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Bonjour Mademoiselle Lune Huama  Ela Gobensis Belle de Sableusia…

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Appelle-moi « Lune » tout simplement sinon on ne va pas s’en sortir.

Ils se sourirent. Lune prit ses affaires et ne manqua pas d’embrasser sa famille.

Sa mère et son grand-père (son père était en voyage d’affaire à Paris-Plage) lui souhaitèrent bonne route. Harpon et Lune sortirent du royaume, acclamés pas la foule. L’heure avait sonnée, ils ne pouvaient plus faire demi-tour…

 

            Leur route fut longue rien que pour traverser la plage afin de se rendre au port. Lune pensait qu’ils devaient embarquer sur un bateau pour entreprendre un voyage qui leur permettrait de trouver la Fleur de Sel au beau milieu de la mer… Mais ceci n’était que suppositions… Ils se construisirent un château de sable pour y passer la nuit. Puis, ils reprirent leur route vers le port. Une fois arrivés, ils se demandaient quel bateau ils allaient bien pouvoir prendre et comment y accéder sans problèmes. Ils choisirent un vieux coucou. Ils grimpèrent à une corde par laquelle le bateau était amarré, puis parvinrent à y entrer.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Que faisons-nous maintenant ?…dit Harpon angoissé.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Je ne sais pas fit Lune…Attendons que le bateau parte en mer.

Cachés tour à tour sous différents petits objets… Ils se réfugièrent sous une bouée de sauvetage, puis Lune décida d’escalader le mât pour voir au loin. Elle grimpa très vite, mais glissa et retomba toute aplatie…Harpon la réconforta. Ce n’était rien, plus de peur que de mal. Il prit alors son courage à deux pattes, pour la première fois de sa vie, et réussit à se hisser tout en haut, il aperçut alors un bateau au large qui voguait.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Là-bas !!!

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Allons-y !!!!

Puis, il glissa et, à l’image de Lune, se retrouva tout aplati. Ils éclatèrent de rire et prirent le temps de se remettre en forme.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Un peu de Muscat ? dit Lune en lui tendant sa gourde.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Oui, merci, répondit Harpon un peu gêné.

 

Un crabe qui s’était échappé d’un sceau dont il était prisonnier s’approcha d’eux.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Oh là… Qui êtes-vous !

Les deux gobelins eurent très peur, le crabe était cent fois plus gros qu’eux… [...]

 

Les Gobelins goudronneux

Il était une fois un peuple de gobelins dégénérés que l’on appelait les gobelins goudronneux et non pas Goudronneux avec un grand « G » car ils étaient vraiment petits encore plus petits que petits et surtout tout noirs, uniquement constitués de goudron visqueux et surtout très maléfiques. Ils vivaient dans une traverse d’un ancien chemin de fer désaffecté dite « Traverse du Goud ». Leur règne s’était établi depuis quelques générations à peine lorsque Pomfricador, leur chef, accompagné de ses troupes, avait anéanti le peuple des gobelins savonneux pour prendre leur territoire et développer leur race de gobelins. Les gobelins savonneux avaient été sauvagement assassinés et, les quelques rescapés avaient été réduits à l’état d’esclave. Seulement, lors d’une décision collective du peuple goudronneux, ils avaient été emprisonnés, puis empoisonnés à la crasse. Les gobelins savonneux était uniquement constitués de savon (d’ailleurs, ils avaient souvent tendance à glisser) et ne supportaient pas la saleté qui était très présente chez le peuple goudronneux.  Les goudronneux étaient vraiment sans scrupules, on dit que leur descendance s’était faite grâce à l’union d’un mauvais sableux en exil et d’un bout de goudron qui traînait au coin d’une autoroute qui reliait Aix-en-Provence à Marseille. Ce gobelin aurait donc muté, et s’étant fait prendre en autostop, en catimini, il aurait terminé sa route dans la capitale en procréant et faisant naître les gobelins goudronneux. Depuis, après avoir évincé les savonneux, leur peuple s’était étendu aux quatre coin de France : on retrouvait des goudronneux à Marseille (en majorité), à Lille, à Créteil, à Lyon, à Bordeaux, à Tours, à Clermont-Ferrand, à Strasbourg, à Cannes (ils participaient même au festival international du film Gore-Gobelins).

Les goudronneux de la tribu d’origine, ont élu domicile rue Malus, dans le 5ème arrondissement de Paris. A l’image d’autre race de gobelins leur survie nécessite une alimentation spécifique, la leur est composée d'un mélange d'hydrocarbures, très visqueuses et de couleur noire, ou parfois, quand la pénurie règne, d’un peu d’asphalte colorée. Pour cela, les gobelins goudronneux s’en vont en hordes de cent, tous les débuts de chaque mois, en quête d’hydrocarbures issus du pétrole (ils pillent sans aucun remords des pompes à essence notamment chez les ELFS). Etant très méchants et d’esprit belliqueux envers les autres espèces, les gobelins goudronneux sont paradoxalement très solidaires entre eux.

Leur peuple vivait donc paisiblement depuis quelque temps, quand un beau jour (qui n’était pas si beau que ça) … le doute prit place dans leurs esprits. A leur habitude, ils participaient à de nombreuses guerres afin de toujours conquérir un plus vaste territoire. Leur dévolu s’était alors jeté sur le 13ème  arrondissement de Paris avec notamment la place forte du Square René Le Gall. Les gobelins goudronneux  se battaient contre n’importe quel peuple, ils étaient très forts et très craints. Ils attaquaient les Frilpop, les Topaziens, les Fourmiliens, les Dingts, et même un fois ils s’en étaient pris à des sortes d’ogres géants qu’ils avaient largement dominés ! Seulement voilà, cette fois-ci les troupes rentrèrent blessées et décimées, ils avaient essuyé une grande et douloureuse défaite. C’était la première, mais sans doute pas la dernière. Après cet échec, ils en eurent un, puis deux, trois, quatre, cinq, et la liste s’allonge. Malgré tout, leurs armes étaient encore bien redoutables : la catapulte chewing-gum ; les pistolets en allumettes de feu ; les grenades de plombs ; les mitraillettes en clous… De plus, grâce à une mutation génétique, quand un humain, ou un autre être beaucoup plus grand qu’eux leur marchait dessus, les gobelins goudronneux les piquaient et les brûlaient, ce qui leur permettait de survivre à l’impact du poids ! Mais, le moral n’était plus là. Leur peuple qui vivait entre la dictature positive (si ce terme peut-être employé ?) et la monarchie guerrière, ne savait plus que faire…

Un jour, alors que Pomfricador organisait un rassemblement général de tous les gobelins goudronneux, un gobelin témoin prit la parole. Ce Gobelin était le doyen du peuple, il lui manquait une oreille et il était tout rabougri et courbé.

- Sans aucun doute, je sais.

- Ecoutez-tous…je crois malheureusement savoir ce qui occulte notre force…et notre supériorité…je voudrais bien me tromper mais …

Le peuple goudronneux  l’écoutait avec grande attention et grand respect.

Pomfricador dit :

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Gobelin témoin, la parole est à vous…

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Et bien voilà, il y a déjà une décennie de cela, le dernier survivant des savonneux avait intenté un sort maléfique avant de mourir… C’était un vieux sage dont personne, à l’époque, n’avait pris les propos au sérieux…

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Continuez gobelin témoin, continuez… dit Pomfricador.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Il avait dit que si la race des savonneux n’était pas recréée dans la décennie à venir, le peuple goudronneux perdrait la Sfor (la force du côté goudronneux). Ainsi, le sort est en train de s’accomplir, et si nous ne recréons pas un Savonneux, les goudronneux s’éteindront à jamais.

Le peuple s’affola et la panique générale prit le dessus.

Pomfricador dit d’une grosse voix :

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Rassemblez vos esprits ! Du calme enfin !!!

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Qu’est-ce qui nous dit que ce que vous dites est vrai ?

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Vous n’êtes pas tenus de me croire, mais c’est pourtant la triste et stricte vérité. Regardez vos hommes, votre peuple…Tous ces échecs, ces terribles défaites…

Pomfricador demanda qu’on lui prête un gobphone (un téléphone portable dans le langage des goudronneux). Il parla dans un vieux dialecte des goudronneux.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Illot (signifie toujours « allo » en gobelin goudronneux), vi tgyu ji ollpm fricaf nu, nu nolp…

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Illot, ju nhu fricaf nu ???

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Illot…humm…hummm fricaf nu ? oki mol.

Pomfricador fit une triste mine.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Peuple goudronneux, l’heure est grave, nos colonies de tout le pays sont en train de s’éteindre… Nous avons perdu la Sfor

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Gobelin témoin, avez-vous une idée ?

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Oui, il faut créer un clone savonneux pour perpétuer leur race.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Comment… ?

Le vieux gobelin consulta son grimoire de poche. Il ajusta ses lunettes.

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Nous avons besoin de trois ingrédients essentiels : du savon sous une forme volante « bibbullus », du savon liquide dit « puss-muss »,  et du savon solide « sinex ».

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Qu’il en soit ainsi. Hupol ! Trouve trois guerriers ou guerrières pour rassembler les ingrédients substantiels. Troy ! Occupe-toi de tout nettoyer pour favoriser un climat propice au Savonneux, et toi Ukri ! Rassemble des troupes pour leurs construire un domaine sur un de nos territoires (le plus petit précisa tout de même Pomfricador).

Les goudronneux se mirent tous au travail. Hupol proposa pour la mission trois de ses meilleures guerrières goudronneuses : Théagob (aux cheveux violet) ; Missinda (aux cheveux verts) ; Cykielbi (aux cheveux rouges). Ces drôles de Gobelins acceptèrent avec grand enthousiasme bien qu’un goudronneux idiot, appelé Imbes Ile, se plut à dire :

<!--[if !supportLists]-->-         <!--[endif]-->Si c’est des gobelines qui nous sauvent, alors que je glisse comme un savonneux si elles réussissent !

Personne ne le prit au sérieux.  

 

Les trois guerrières se répartirent les missions, munie chacune d’un gobphone puissant. D’abord, Théagob se chargerait du savon volant puis, Missinda du savon liquide et enfin, Cykielbi du solide… La quête pouvait alors commencer ![..]

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