Cataclysme d'octobre

Si j’ai perdu mon sourire

 

Si j’ai perdu mon sourire ce matin,

C’est parce que la reine des neiges a rendu son dernier souffle.

Si j’ai perdu mon sourire ce matin, ce soir, et encore demain,

C’est parce que la vie s’est brisée dans le sang, et mon ventre respire à vide.

Tu as confondu ton heure reine des neiges, ton petit corps si chaud et si doux s’est refroidi, raidi et parti en fumée comme le premier fruit de notre amour s’est éparpillé dans le fluide sanglant qui s’écoule de mon corps.

Pour toi reine des neiges, pour toi, je me battrai, et je donnerai un nouveau souffle à la vie, une nouvelle vie dans la notre…

 

Si je perds mon sourire, le monde ne sera plus le même. C’est ta présence qui faisait de notre univers ce qu’il était, ce que j’étais sans m’en rendre compte.

Je n’étais pas prête à aller de l’avant et j’ai été arrêté brusquement par le vent, un vent de malheurs, tout comme toi aussi mademoiselle Lola, je serais forte, mais ne triche pas, je me relèverai digne et je sourirai encore demain, quand les minutes auront passé, mon esprit  revenu, mon chagrin atténué. Octobre, octobre rouge et noir…

 

J’ai perdu mon sourire un matin, je l’ai suspendu dans le vide, dans l’espace temps. Je ne le retrouve plus, j’ai du mal à voir mais c’est à cause des larmes. Je ne perds pas espoir. Je vais chercher loin, longtemps, et je retrouverai ce sourire.

 

Où es-tu ? Je ne te vois pas. Je perds peu à peu le contrôle. C’est d’abord la nouvelle, la bonne et la mauvaise, et puis ta mort, ton agonie, et puis ma perte. Perte abondante de toi qui tombe et qui me rend faible… Quelques gouttes pour me calmer, un sommeil pour apaiser et tout est pareil quand j’ouvre les yeux, la reine des neiges s’est consumée dans les cieux, mon enfant ne s’est pas accroché assez fort, mon enfant qui ne sera pas, qui n’existera pas…qui a fait mon sourire et a repris mon sourire et pour combien de temps encore. Je savais que j’allais souffrir mais je suis plus triste que souffrance. Je suis désespérément triste. Une tristesse indéfinissable. Une triste tristesse.

 

J’ai perdu mon sourire ce mercredi matin, j’ai cru le retrouver en posant mes mains sur mon ventre, mais dans cette nuit de jeudi à vendredi, je l’ai définitivement perdu. Je ne sais pas encore bien où chercher mais je sais qu’il est là. Mon sourire m’appelle pour me rendre l’étincelle, cette force qui me rend entière. Cette force qui est mienne. Ne pas s’essoufflée jamais. Sourire, recommencer…

 

Demain, je retrouverai mon sourire, je brûle, il me semble l’apercevoir…

 

 

Le petit chat est mort

 

Le petit chat est mort. Alerte, alerte, le petit chat est mort !

 

C’est la larme qui coule de ton œil qui va t’achevait. Je revois ton corps rouler et se débattre à mes pieds et le voir immobile, pétrifié, ne sachant que faire.

Je les revois te tenir le corps. Tu ne dis rien, tu voulais juste mourir en silence.

Ton œil saigne.

Ton corps est faible. La tête dans sa basket. Tu as attendu qu’il te prenne de ses mains chaudes, celui qui t’aimera toujours. Et tu nous a dit adieu.

 

Le petit chat n’est pas mort.

Oui, il bouge encore.

Mais, non, le petit chat est mort.

Il est mort.

 

Fermes tes yeux, caresses sur ton corps encore chaud. Mais, tu n’es plus là.

 

Peu à peu tu te raidis, tu est froide. Tu es loin. Dans ton paradis. Dans nos cœurs.

 

 

 

 

Tu as laissé un vide. Et tu es là à jamais. Ton coussin est creux. Tu me manques, tu me manques. Tu me manques tant…

 

Et je sais bien pourtant…que tu ne reviendras jamais.

 

 

Laisse-moi partir

 

Laisse-moi partir

Je n’ai plus faim. Mon ventre est vide. J’ai mal au cœur et au corps. Ses odeurs de laboratoires, ses odeurs de mort. Celles qui donneront la vie et celle qui n’a pas pris. Toi que je ne connaitrais pas. Ma tristesse me prend, je ne suis bonne à rien sauf à pleurer. Le soleil brille et je pleure. Je veux dormir alors je dors. Je veux vomir alors je vomi. Je veux mourir alors je me bats.

Laisse-moi partir, pour aller te chercher, revenir en arrière. Impossible. Ouvrir les yeux avec difficulté, articuler et en parler. Ne pas me sentir seule. Merci.

Revenir en arrière pour aller de l’avant. L’enfant de demain, celui qui sera le mien. Me rendre plus forte. M’affaiblir pour me rendre plus forte. Me rendre plus moi et effacer mes erreurs. Atténuer mon angoisse et penser à demain. Déjouer la culpabilité. Enfoncer le pieux au centre du monde, voir qu’il n’y a plus rien mais que demain il y aura. Si le soleil brille c’est que la tempête s’est calmée, c’est que l’autre jour viendra et moi je serai toujours là.

Quand mon sang aura cessé de couler. Mon cœur de palpiter, mes larmes de couler… Quand j’aurais encore grandi, je serai femme, cette autre femme qui semble avoir compris sans tout comprendre encore… Dépression ne me va pas, expression me va beaucoup mieux.

Une dernière cigarette pour toutes celles qui je n’ai pas fumé en vain.

Demain, j’arrête.

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